Supercoolitude » 2009 » mars

Archive for mars, 2009

Lettre à Clint Eastwood (Partie 2)

Suite de la lettre.

Gran Torino a été pour moi une grande émotion. Pour tout vous dire, j’ai chialé à la fin. Dire adieu comme ça, à toute votre filmographie, à l’empreinte que vous avez laissé en tant qu’acteur sur le cinéma, avec autant de classe, ça m’a foutu un coup.

Pourtant, votre film est toujours sur La Corde Raide (ahah). Votre rôle est osé. Je déteste votre personnage. Ca me rassure, en fait, mes valeurs n’ont pas été écornées malgré toute l’admiration que j’ai pour vous. Votre charisme et votre carrière aurait pu me faire aimer une personne que, dans la vie, je détesterais.Ouf. Pourtant, lors de la vision de votre film, ma graphiste et moi nous avons éprouvés un certain malaise. En effet, alors que vous jouez un odieux personnage, raciste et con, avec des propos injurieux et dégueulasse, les gens dans la salle riaient aux éclats. Ca m’a vraiment refroidi. Et c’est là où vous êtes fort dans cet exercice qui est de faire un cinéma miroir de nos vies. Je ne dis pas que les gens étaient tous racistes dans la salle mais il y a une banalisation de l’irrespect de l’étranger qui m’est apparu, encore une fois. Ca fait mal, ça touche. Et ce qui me fait encore plus bondir, c’est quand je lis ça et là, des critiques et analyses qui disent “on pleure et on rit…”, “tout à la fois émouvant et drôle, le dernier Clint...”. J’en passe et des pires. C’est dur pour moi de lire ça alors que mon boulot consiste à lutter contre les injustices sociales.


Mais c’est pour ça que vous êtes fort. C’est un sacré constat du monde que vous nous proposez via votre métrage. Académique mais encore une fois plein de sous-entendus. Ce n’est pas un sous-Dirty Harry comme j’ai pu entendre. Ceux qui disent ça n’ont jamais vu un Dirty Harry de leur vie, ce n’est pas possible. Dirty Harry, c’est un film sur la fin de l’optimiste, sur la dure réalité d’un refus de l’utopie et sur les limites de l’anticonformisme.

Le parallèle est facile mais totalement différent. Le seul point commun étant la dénonciation du racisme: la scène du cambriolage de la banque tant décriée enchaîne sur une scène où un médecin noir soigne l’inspecteur. Certains critiques ont la mémoire courte.Je m’égare facilement. Vous m’impressionnez et j’ai tellement de choses à dire.

J’ai grandi avec vous Mr Eastwood et je ne le regrette pas. J’espère que mon enfant grandira avec un personnage de la même trempe que vous (pas Pikachu, si possible).
Je vous remercie encore de m’avoir salué lors de Gran Torino. J’espère que mes parents iront vous voir, ils méritent bien de vous dire au revoir, eux aussi.

Enfin tout ça pour vous dire, Mr Eastwood, que je vous aime.

Si quelqu’un pouvait lui faire parvenir cette lettre.

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03 2009

Article décontracté du slip

Oui, vous l’avez remarqué, ça fait un bout de temps que je n’ai rien écrit ici. C’est que c’est un peu speed en ce moment. Avec la future arrivée de John Connor/Helen Ripley dans la maison, je jongle sur plusieurs tableaux. Et je suis tellement sur les rotules que je ne suis plus assez grand pour atteindre le clavier.
Que faire? (Que faire, que faire, que faire, quand on ne va pas à la mer?) Il est hors de question pour moi de laisser tomber ce blog. Pourtant, j’ai même pas fini ma lettre à Clint. C’est la merde. En attendant mon retour, n’oubliez pas d’aller faire un tour chez Mathilde.
Je me pose la question des contributeurs. David et Clément pourrait vous faire partager du super cool à leur sauce (lancez-vous les mecs). Vous pourriez aussi y participer!
Si cela vous intéresse, il suffit de m’envoyer par mail une petite présentation de vous même ainsi que la présentation d’un film que vous pensez super cool ou d’une daube sans nom. Libre à vous!
Si vous êtes aussi dans un corps de métier du cinéma (de projectionniste à réalisatrice, d’ingénieur du son à vendeur de pop-corn) et que vous voulez tenir une chronique, vous êtes les bienvenus, tous autant que vous êtes. Même topo, une petite présentation et un article de votre cru. Je ferais un petit choix, faut que le courant passe.
Faites tourner l’info, quelques semaines avant son ouverture officielle, supercoolitude recherche des rédacteurs!

En attendant de vous tenir au courant et de reprendre un rythme régulier, je vous propose de visionner  le trailer de Public Enemies de Michael Mann.

J’avoue, j’ai dû mater la bande-annonce plusieurs fois avant de me faire à cette caméra HD et son grain particulier dans un film d’époque (son approche contemporaine est en fait très surprenante pour le sujet mais terriblement osée et avant-gardiste). De plus, je ne suis absolument pas fan de cette actrice qu’est  Marion Cotillard. Mais un Michael Mann, ça ne se refuse pas!

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03 2009

Lettre à Clint Eastwood (Partie 1)

Cher Monsieur Eastwood

Je vous écris aujour’hui suite à la vision de vôtre dernier long métrage: Gran Torino.

Mr Eastwood, je pense que j’ai quasiment vu tous les films dans lesquels vous avez joué. Sauf peut-être Tarantula, Francis in the Navy ou The First Traveling Salesday, j’avoue mais de Pour une poignée de dollars en 1964 à Gran Torino, j’ai vu tous vos films, sans exception. Il y en a mêmes que j’ai revu plusieurs fois. Pourtant, je suis jeune (31 ans) mais j’ai vu exactement 48 films dans lesquels vous avez joué.  Si je rajoute les 6 films que vous avez tourné et dans lesquels vous ne jouez pas, ça fait 54 films. Comment en
suis-je arrivé à avoir vu toute la filmographie d’une même personne dont la carrière a commencée alors que mes parents étaient tout juste nés? Comment en suis je arrivé à avoir autant de respect pour vous. Qu’avez fait pour que je me sente si familier de votre travail et de votre personne?

Mr Eastwood, le premier film que j’ai vu dans lequel vous jouiez, c’était avec mon oncle, qui avait toujours plein de films super cools en cassette Betamax. Mes grands-parents m’emmenaient en vacances chez lui et me collait parfois devant l’écran avec un film où généralement vous étiez dedans. C’était Kelly’s Heroes (De l’Or Pour Les Braves). Je devais avoir 6 ans.
Cela fait donc 25 ans que je vous connais. Et samedi soir, vous m’avez dit adieu.

Depuis que vous vous réalisez vos films, vous y avez toujours mis des petits bouts de votre vie et de votre cinématographie. Il y a toujours eut un parallèle. Ne dites pas le contraire, je ne vous crois pas.
Par exemple, ne me dites pas qu’Impitoyable n’était un adieu définitif à ce qui a contribué à votre popularité: Le western. Vous aviez déjà tenté de le faire avec le crépusculaire Pale Rider mais personne ne vous avait suivi.
Et comment ne pas voir dans les derniers films que vous avez tourné depuis Impitoyable une parabole sur la vieillesse et le temps qui passe?

Ce qui est incroyable avec vous, c’est que malgré un style très académique vous arriviez à nous surprendre, tout le temps. Vous me fascinez et c’est peu de le dire. Par exemple dans Gran Torino, samedi soir, j’ai dit à ma graphiste que les plans sont simples, l’histoire pas si compliqué, les clichés de personnages faciles mais pourtant, vous arriver à surprendre et à faire réfléchir. Et en plus cette forme tellement décriée convient parfaitement au fond si travaillé. Vous êtes vraiment surprenant.

Gran Torino a été pour moi une grande émotion. Pour tout vous dire, j’ai chialé à la fin. Dire adieu comme ça, à toute votre filmographie, à l’empreinte que vous avez laissé en tant qu’acteur sur le cinéma, avec autant de classe, ça m’a foutu un coup.

A suivre.

08

03 2009